Friday, August 4, 2006

Haïti, à quand le décollage?

 

Le titre de cet article, je l’ai emprunté d’un autre internaute qui quelque part en mars 2005 se demandait dans un forum de Grioo.com (un site de Noirs francophones) quand les choses commenceraient à bouger en Haïti.  Je suis sûr que ce blogger n’a fait que d’attendre depuis lors.  Car, en gros, le décollage en Haïti  se fait toujours attendre, tout comme cela était récemment arrivé pour l’avion du secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan qui n’avait pas pu s’envoler ce 2 août pour sa visite en Haïti… à cause d’une panne de moteur.

 

En effet, en dépit du fait que presque tout a été dit ou promis dans la politique générale du Premier ministre (PM) Jacques Edouard Alexis le mois dernier, on n’est pas près de s’envoler.  La violence à Port-au-Prince a repris de plus belle : les kidnappings des civils ont repris de l’ampleur ; des tueries entre les gangs existant dans la capitale surviennent presque chaque jour, les « kouri » (vent de panique) obligent les commerçants à fermer leurs magasins de temps à autre ; l’organisation des élections municipales traîne en longueur, la majorité des prisonniers politiques reste en prison.  Bref, le pays semble paralysé sur la piste de décollage, pour continuer avec la métaphore.

 

Entre-temps que fait le gouvernement Préval/ Alexis ?  Que l’on ne me dise pas qu’il faut du temps pour résoudre tous les problèmes du pays !  Car, ce gouvernement en prenant les rênes du pouvoir avait établi des priorités. (Voir l’énoncé de la politique générale du PM).  L’insécurité bat son plein malgré les mots durs du gouvernement. La réconciliation, pouh ! Car le sujet du retour de l’ex-président ayant laissé le pays dans des circonstances nébuleuses n’est pas abordé, et les partisans de ce dernier pourrissent en prison (voir récent appel d’Amnesty International) ; les revendications des anciens militaires sont mises en veilleuse ; celles des organisations populaires ne sont mêmes pas sur la table de discussion.  Tout cela constitue donc des sujets épineux (des pon gongong) susceptibles de créer un état perpétuel d’instabilité que tout gouvernement compétent devrait chercher à résoudre dans les premiers cent jours de son existence s’il voulait éviter à tout prix la déstabilisation.

 

 Radio Metropole relate qu’ « en dépit des annonces faites par les responsables des forces de l'ordre, les bandits imposent leur loi à la capitale haïtienne en kidnappant et en tuant des gens de jour comme de nuit. Les casques bleus déployés en Haïti depuis tantôt deux ans n'arrivent toujours pas à stabiliser la région métropolitaine de Port-au-Prince, selon des parlementaires haïtiens qui sont très critiques à l'endroit de la Mission onusienne (Minustah). »  Président Préval lui dit, toujours selon Métropole, «[qu’il préfère] le dialogue avec les groupes armés qui opèrent dans la région métropolitaine de Port-au-Prince indiquant qu'il n'était pas favorable à une solution militaire dans les bidonvilles. »  D’ailleurs, il a aussi dit dans un autre contexte vouloir davantage de techniciens en Haïti que de fonds d’assistance pour faciliter le développement du pays. 

 

A mon humble avis, des centaines voire des milliers de techniciens ne sauraient résoudre le problème du décollage si les « root causes » (, les causes profondes, un terme qu’on entend ces jours-ci à maintes reprises avec la guerre du Proche-Orient) ne sont pas d’abord abordées sinon résolues.

 

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