Wednesday, November 1, 2006

Le Crime de Napoléon de Claude Ribbe

Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de l'autre "holocauste" qui s' était produit en Haiti du temps de Napoléon, il serait bon de lire l'ouvrage de Claude Ribbe , un historien francais: Le Crime de Napoleon.

Voici un éditorial qui a été écrit par Dr Antoine Fritz Pierre suite aux vives réactions de colère provoquées par le livre du côté de la grande presse française.

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Extrait de Haïti-Tribune n° 29

Le Crime de Napoléon de Claude Ribbe
Par le Dr Antoine Fritz Pierre

Voici un ouvrage qui suscite une controverse vive et passionnée qui va au-delà même du livre. C'est dire si l'auteur a atteint son but. Son essai a fait mouche et chassé les loups du bois. La meute des contestataires offensés a été alertée ; ils sortent de leur silence, la lippe pleine d'écume et les yeux rouges de rage. Ils fulminent, laissent le contenu du livre de côté puisqu'il s'agit d'un pamphlet, « une charge polémique dirigée contre les historiographes officiels, accusés de minimiser le passé esclavagiste de la France ».

Voilà déjà le procédé qui va se généraliser chaque fois que le livre sera sur la sellette. On dit pamphlet, soit, mais dirigé contre le passé esclavagiste de Napoléon ; mais subrepticement la substitution de la France à Napoléon est vite et malencontreusement faite. Voilà ce qui est déplorable dans cette joute intellectuelle où s'emballent les passions.

Et ce n'est pas fini. Tout ce que dit Ribbe à propos des exactions, des massacres, des déportations de l'armée du général Leclerc remplacé à sa mort à Saint-Domingue par le féroce Rochambeau n'est pas contestable puisque l'auteur fait appel à de nombreux documents venant de différentes sources qui les attestent.Les faits ne sont pas, tout de même, des inventions de Ribbe.

La ruse des contestataires consiste à ne pas les nier mais à en dénoncer les partis pris anachroniques, les interprétations pro domo et les amalgames dont « l'auteur abuse à tort et à travers ». Les détracteurs sont agacés et poussent leur ire jusqu'à l'invective, à l'arrogance et au mépris.

Qualifier Ribbe de « quidam, sans autre autorité intellectuelle ou morale que celle qu'on vient de lui conférer par aberration en le nommant par décret au journal officiel du 10 novembre à la Commission nationale consultative des droits de l'homme », tout cela pour un petit ouvrage de 216 pages, c'est dire si la charge a frappé juste et fait mal.

Car je ne peux imaginer un instant que M. l'académicien qui a formulé ce jugement dans Le Monde du 13 décembre ignore qui est Ribbe. Mais que voulez-vous ? Il se situe dans une continuité clanique dont Ribbe a le toupet de dévoiler les silences convenus. Voici une appréciation, citée par Ribbe, du général Dumas par le général Paul Thiébault qui fut son subalterne dans l'armée d'Italie : « Le brave général Dumas a été nommé général en 1793, c'est-à-dire au milieu du gâchis et des aberrations d'une terrible époque ».

Aberrations pour contester la légitimité du grade du général Dumas hier, aberration pour contester aujourd'hui l'autorité intellectuelle ou morale de Ribbe ou de bien d'autres, n'est-ce pas? Nihil novi sub sole (rien de nouveau sous le soleil) M. l'académicien. Nous avons suivi l'autre dimanche soir le face-à-face Ribbe/Jamet dans l'émission de Fogiel, la première en date où la meute s'est mise en position de riposte. La tactique à appliquer en réponse à Ribbe fut utilisée pour la première fois.

Non contestation des faits dénoncés par l'auteur mais l'empêcher de présenter ses arguments ou de répondre aux fausses interprétations qu'à leur tour les contestataires peuvent se permettre. Tous les arguments sont valables, même les plus dangereuses, pour les causes défendues sur le plateau de la télévision.

Justifier les exactions de l'armée expéditionnaire de Napoléon à Saint-Domingue en répondant ex abrupto que Napoléon était en guerre, relève d'une imprudence impardonnable pour l'utilisation qui peut être faite pour interpréter des événements monstrueux plus proches de nous.

Plus pitoyable encore, il fallait être à court d'argument pour oser prétendre que les autorités haïtiennes qui avaientaccordé des passeports aux Juifs durant la seconde guerre mondiale l'avaient fait par compensation eu égard aux massacres des Français perpétrés par Dessalines en 1805. Quel rapport ? Que je sache, ces Français-là n'étaient pas des Juifs ; et puis pourquoi ne pas aussi utiliser l'argument qui consiste à dire que Dessalines était en guerre contre la France qui n'excluait nullement, à l'époque, de reconquérir Haïti par tous les moyens.

D'ailleurs si Dessalines est parvenu à une telle extrémité c'est parce que les Français qu'il avait accepté de garder dans le nouvel État narguaient constamment les nouvelles autorités en les menaçant de toutes sortes de représailles au moment de la reconquête. Représailles dont, du reste, le général français Ferrand resté dans la partie Est de l'Île multipliait à longueur de temps des exemples tout le long de la frontière. Il ne serait pas de bon ton de reprendre ici les statistiques pleines d'humour de Catineau-Laroche, un colon de Saint-Domingue qui se demandait combien furent donc les colons massacrés par Dessalines.

Bref, il y a dans ce genre de réponses entendues l'autre soir, une désinvolture sinon une insolence qui rejette toute idée de générosité sinon d'humanité. L'acte haïtien était tellement généreux, spontané, pourquoi l'affubler de tant de mépris ? Heureusement que les descendants des bénéficiaires ne se sont pas trompés et nous donnent encore acte aujourd'hui.

L'ouvrage de Ribbe, en tout cas, témoigne de cette prise en main de notre propre histoire. Que cela plaise ou ne plaise pas. Il renferme au-delà d'un argumentaire pamphlétaire, donc exagéré, une grande richesse de révélations, faits, événements ou statistiques historiques épars ou dispersés dans des archives qui ne sont pas à la portée de tous. Il faudra reprendre certains textes ou certaines références pour sortir des noms et des statistiques plus précises à propos des soldats de la Guadeloupe ou de Saint-Domingue particulier les noms de certains officiers de l'état-major de Toussaint Louverture déportés en Guyane ou en Corse, etc.

Aujourd'hui, on nous dit que l'historien doit seulement révéler les faits et les exposer dans toute leur nudité sans chercher à les interpréter ou les juger. C'est nouveau et valable seulement pour des gens comme Ribbe, car qu’est-ce qu’on a fait jusqu’à maintenant de notre histoire sinon que l’interpréter jusqu’à l’exclure ou l’occulter de tout enseignement. N’est-ce pas déjà une façon élégante de l’interpréter ou de la juger ? A votre aise, Messieurs les censeurs, mais ne comptez pas sur nous. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

 

Monday, October 30, 2006

Re: Latortue's Legacy

HC:Haitian Politics - Re: Latortue's legacy - Article published in the Jamaican Gleaner

Thanks Harry :

For this enlightening article, which gave an analysis of the conditions on the grounds after the departure of Aristide and his replacement by the Latortue interim administration. The goal of that interim administration was to bring peace, reconciliation and a beginning of democracy, as conceptualized by the international community.
That Haitian situation after the forced departure of Aristide and the selection of Latortue reminds me of the Iraq war at the very beginning when the neocons kept telling the American people that the American soldiers would be greeted there with flowers and candies.  But I knew that "destabilization" was going to be bad.
But what those "planners" seem to forget always is when a political community or a political majority is evolving in the midst of governemental inefficiency, ineffectiveness plus illegitimacy, you have right there a formula for disaster. The Minustah was or is still perceived as an occupying force, and an important sector of the people called the Lavalassiens felt or still feels that Aristide, despite all he may have done wrong in Haiti, did not get a fair deal especially from the opposition and the international community. 
Now they may have tried to rectify this by encouraging Preval (supposedly a clone of Aristide) to run and get to the presidency so the legitimacy factor could be reestablished.
But if Preval does not deliver (the effectiveness factor for a stable situation), we will be back soon to those same streets demonstrations and revolts that chased Aristide away.

I'll refer the so-called "political strategists" on Haiti to the book "The Political Man" (The Social Bases of Politics) by Seymour Martin Lipset, winner of the 1962 MacIver Award, so they can grasp some of the facts that I mentioned here.

Carl G


--- In HaitiConnexion@yahoogroups.com, fouche harry <HJF1954@...> wrote:
>
> Members
>
> For your review and information, an article published
> in the Jamaican newspapaper The Jamaican Gleaner.
>
> Good reception
>
>
> Harry Fouche
>
> ---------------------------------
> Haiti: Latortue's legacy
>
> published: Sunday | October 22, 2006
> http://www.jamaica-gleaner.com/gleaner/20061022/focus/focus7.html
>
>
> Myrtha Désulmé, Contributor
>
> Last month, an alarming new report on human rights
> abuses in Haiti under the interim Government, by two
> social work scholars, Athena Kolbe and Dr. Royce
> Hutson of Wayne State University, was published in the
> British medical journal The Lancet. The report studied
> eight types of human rights violations: property
> crimes, arrests and prolonged illegal detentions,
> physical assaults, sexual assaults, murders including
> extrajudicial killings and politically motivated
> executions, death threats, and threats of sexual or
> physical violence.
>
> Households numbering 1,260 were interviewed during the
> survey period, accounting for 5,720 residents. To
> estimate the total number of victims in the region,
> the researchers applied crude rates to the estimated
> population of the greater Port-au-Prince area in 2003
> (2,121,000). From 219 murders and 1,698 sexual
> assaults, which were reported to them during the
> survey, they extrapolated that 8,000 people had been
> murdered and 35,000 women and girls had been raped in
> Port-au-Prince alone, during the 22-month period. The
> numbers seem shockingly high, and somewhat
> exaggerated, but the researchers nevertheless maintain
> that the extrapolation formula applied to this random
> sampling method is standard.
>
> These human rights abuses were allegedly perpetrated
> by the police, members of the disbanded Haitian army,
> organised anti-Lavalas paramilitary groups, partisans
> of Lavalas, criminals, unidentified masked armed men,
> foreign soldiers, and others (including neighbours,
> friends, and family members).
>
> Disastrous embargoes
>
> Under the pretext of encouraging the development of
> democracy in Haiti, the U.S. has imposed several
> disastrous embargoes, which have crippled its fragile
> economy and traumatised its people. Unemployment has
> soared. Urban violence has spiralled.
>
> Economic stagnation fosters the struggle for scarce
> benefits, which can be exploited by demagogues, the
> politically ambitious, and vested interests, foreign
> and local, intent on monopolising the means of
> production, the sources of wealth, and of economic and
> political power.
>
> Extreme poverty breeds illiteracy and miserable
> governance, which in turn intensifies hunger and
> instability. Expectations from rationalist theories of
> crime, civil war and social unrest, are that violence
> will rise as income per capita, education, and
> economic growth decline. This is due either to the
> declining opportunity cost of violence, (the less
> people have to lose, the more likely they are to
> create mayhem), or to the decline in state capacity,
> which are two competing causal mechanisms. If the
> state is weak and cannot effectively police its
> territory, a greater supply of agitators will become
> available to the rabble rousers. Education reduces the
> available supply of potential rebels. Unemployment
> increases it.
>
> Violent conflict will occur when it is expected to be
> more profitable than peace, and there is a difficulty
> in structuring a credible agreement, which avoids war
> or other forms of conflict. Theories of relative
> deprivation expect violence to rise as a result of
> higher inequality. Persistent inequality leads to
> anger and despair, which reinforces the demand for
> political change.
>
> The only lasting solution for Haiti is the same as for
> every other destabilised country - stimulation of its
> economy and wealth creation. A sound framework which
> combines key public investments - roads, power, public
> health and safe water, with the creation of long-term
> economic options, such as the improvement of access to
> schools, and the development of sustainable
> agriculture. Great gains need to be achieved in
> education, farming, health and income levels.
>
> Preval has his work cut out for him. Last month, Sorel
> François, president of the Foreign Affairs Commission
> of the House of Deputies, declared that more than U.S.
> $6 million, not counting luxury vehicles, were
> misappropriated by the Foreign Affairs Ministry over
> the two-year administration of interim Prime Minister
> Gerard Latortue.
>
> Preval has also inherited a disastrous human rights
> situation,which demands a serious and urgent
> response. He has so far been successful in liberating
> the more high profile political prisoners, but there
> are many more he needs to deal with. He does not yet
> control the judiciary, however, because in December,
> 2005, P.M. Latortue unconstitutionally replaced half
> of the Supreme Court judges, after the court ruled
> against him in the controversial case of candidates
> with double nationalities, who were barred from
> participating in the presidential elections.
> Replacements were unilaterally selected by the
> executive, and those judges remain on the bench,
> resisting the liberation of political prisoners.
>
> Haitians see MINUSTAH, the two-year-old U.N.
> "stabilisation" force, as occupiers, or worse,
> "tourists with guns", who are being paid to kill them.
> DDR (Disarmament, Demobilisation and Reintegration),
> was the first mandate of the U.N. peace-keeping force,
> but they have failed miserably at it. Unless MINUSTAH
> can live up to its original mandate of stabilisation,
> the US$25 million per month, which it is costing,
> would be better utilised in assisting starving and
> dislocated Haitians, who cannot earn a living in the
> prevailing chaos. With the war of attrition, which is
> being waged against the Haitian people since the last
> aid embargo, dating from 2000, US$25 million per month
> could go a long way towards providing food, water, and
> basic necessities, rebuilding infrastructure, sewage
> systems and utilities, providing social services such
> as health care, garbage collection, sanitation,
> education, the list is endless. It is precisely the
> fact that the people are forced to live in such
> miserable conditions, which undermine their human
> dignity, which is exacerbating the problem.
>
> No one knows for sure how many weapons are out there.
> The general estimate is 30,000. Last month, President
> Preval warned gangs based in the sprawling slums of
> Port-au-Prince to disarm or face death. Up to 1,000
> rank-and-file gang members, who voluntarily lay down
> arms and rejoin society, will be eligible for the
> programme, the biggest disarmament effort of the U.N.
> peace-keeping mission yet.
>
> U.N. envoy,Edmond Mulet, said that gang members
> participating in the programme will receive ID cards
> entitling them to money, medical assistance, food for
> their families and training for jobs. The initiative
> targets only rank-and-file gang members. Top gang
> leaders in the capital's volatile Cite Soleil slum
> have indicated a willingness to disarm, and the
> decision to leave them out sets up a potential
> showdown with the Government.
>
> What Haiti needs is assistance in building up
> institutions for local governance and democracy. It is
> imperative that Haiti change its political culture,
> and adhere to CARICOM's Charter of Civil Society.
> Haiti could take a page out of the British Caribbean's
> political traditions, such as the two-party
> Westminster system, of which her Majesty's Loyal
> Opposition forms an integral part. The main political
> problem in Haiti is that the Opposition is the enemy.
> When one starts out with that premise, it is quite
> difficult to manoeuvre a conflictive situation to the
> point where all parties can sit around a table and
> negotiate, or even agree to disagree, accept the
> opponent's right to his opinion, and coexist amicably.
>
>
> Channelling conflict
>
> Higher incomes and educational attainment reduce the
> risk of political violence by encouraging political
> participation, and channelling conflict through
> institutional pathways rather than violence. The U.N.,
> the OAS, and the international community should be
> offering economic assistance for reconstruction, and
> training in negotiation skills for conflict
> resolution, in order to achieve a new social contract
> leading to national reconciliation. Erasing Haiti's
> debt, restoring constitutional rule, ending arbitrary
> embargoes and sinking significant resources into
> public health, public education and public
> infrastructure, would ultimately be central to
> addressing, and indeed, solving Haiti's social
> problems.
>
> Myrtha Désulmé is the President of the Haiti-Jamaica
> Society.
>

Sunday, October 15, 2006

Ce que nos compatriotes ont à l'esprit

Review of the postings of the last two weeks in Haiti Connexion Yahoo Groups

Comme annoncé la semaine dernière, nous vous donnons aujourd'hui une récap de tous les  messages publiés sur le site de Haïti Connexion pendant les deux dernières semaines.  Pour être exacts, nous disons que 209 messages ont été "postés" sur HC pendant cette période.  Grâce à vous les membres, le groupe, votre groupe, continue d'accroitre sa popularité à travers le monde. Tous les messages sont importants, et nous continuons à croire que chacun de nous  a un mot à dire au sujet de ce qui le préoccupe le plus ou de ce qu'il veut partager avec le monde tout entier.

Cependant, des 209 messages nous avons relevé quelques uns d'une portée immense, générale, humanitaire, nationale et internationale, et susceptibles  aussi de susciter grandement l'intérêt des membres de HC.  Si vous pensez qu'un article mérite d'être signalé, faites nous savoir:

      Compilation préparée pas les modérateurs d'Haïti Connexion

Source: Haiti Connexion Yahoo Group, un groupe d'Internet d'environ 650 membres (dont le nombre va croissant) créé en juin dernier par Carl Gilbert.

Pour lire à fond les messages, vous avez besoin d'un ID Yahoo!




Saturday, September 2, 2006

Un enlèvement sans laisser de trace...pourtant rançonné

09-02-06  Cela fait plus de quinze mois depuis que les kidnappeurs ou zenglendos  d’Haiti nous ont privés de notre cousin : Jean Gérard Gilbert, un ingénieur, un  architecte, un professionnel, un éducateur tout comme Marcel Gilbert, son oncle, mon oncle, qui voua sa vie à la formation intellectuelle de la jeunesse haïtienne. Jean Gérard Gilbert, paisible citoyen, apolitique par tempérament, jamais mêlé ou affilié  à aucune organisation ou manifestation politique, a été enlevé du sein de sa famille. Malgré la rançon exigée et versée aux ravisseurs, aucune trace de lui jusqu’à cette date ... Je viens une fois de plus demander justice pour lui, et j’aimerais  que nous partagions ici, ensemble, la souffrance de sa femme endolorie dans cette lettre adressée à son mari disparu.  <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Herve Gilbert

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Lettre à mon mari

 

 

 

 

La vie prend parfois un tournant imprévu et nous place devant des épreuves qui nous prennent au dépourvu. Qui aurait cru que ce mercredi 1er juin 2005 à 6 hres 40 a.m devant la barrière d'entrée de notre école, tu allais être l'une des victimes de ces vagues de kidnapping qui déferlent sur notre capitale ? Voilà
déjà un an que tu nous as été brutalement enlevé sans avoir laissé la moindre trace de toi. Ce jour-là, comme à l'accoutumée, tes enfants étaient à l'école et ta femme au sport. Comment oublier ce matin-là ? Avant de nous séparer, tu m'as dit avoir une journée très remplie et que tu auras besoin des services du chauffeur. Tu m'as demandé en conséquence de ne rien programmer pour la journée.

Mon chéri, qu'avons-nous fait pour mériter ce que nous sommes en train de vivre là ? Mes enfants et moi, nous vivons dans un chagrin permanent qui provoque chez nous des symptômes d'altération de santé. A chacun de nous un problème différent. Quant à moi, depuis que tu es parti, je souffre d'insomnie, souvent de crises de larmes, d'hallucinations. Je n'arrive pas à supporter le malheur qui t'est arrivé. Tu ne souffrais d'aucune maladie incurable. Au moins si tu t'étais endormi sans revenir à la vie, un accident mortel ! Cela aurait été moins grave ; je me serais soumise à cette fatalité.

Ce drame a laissé dans nos coeurs une plaie béante qui ne pourra jamais se refermer. Ta disparition soudaine a anéanti nos rêves d'avenir. Tu n'étais pas seulement mon mari, tu étais pour moi un père. Comme tu le disais habituellement, tu avais quatre enfants. Tu me gâtais tellement ! Tu n'étais pas du genre à te laisser aller à des effusions verbales, mais tes actes n'avaient pas de prix. Heureusement, tout ce que je suis en train d'écrire pour toi, j'avais l'habitude de te le dire en face. Je déteste faire l'éloge d'une personne en son absence. Nos parents, nos amis le savent bien. Je le disais haut et <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />fort à tout le monde : tu étais un bon mari, un bon père de famille.

Que pouvait-on te reprocher, sinon d'être un homme fort, intègre, d'une rectitude incomparable, d'une forte personnalité ? Tu ne laissais jamais personne te marcher sur les pieds. C'était ton grand défaut, je te le reprochais souvent. Je te répétais toujours que certains choix de vie sont très difficiles voire pénibles et commandent parfois énormément de sacrifices. Toi, tu me répondais que tu ne pouvais souffrir l'humiliation. Tel que je te connais, qui pouvait te le faire comprendre ? Tu avais l'habitude de me dire : «Ne me demande pas de réagir dans un sens ou un autre si quelque chose doit m'arriver. Tout simplement, ce que je sais, je mourrai parce que jamais je ne permettrai à un truand de me passer des ordres».

Mon amour, la vie sans toi est vraiment pénible. Quand je vois qu'on ne nous a même pas donné la chance de fêter notre 24ème anniversaire de mariage ce 27 février 2006 ! Tu t'en souviens, moi qui planifiais déjà nos noces d'argent ! Ce 1er mai pour tes 52 ans, je me suis faite belle pour toi, mon chéri, comme d'habitude. Tu ne saurais faire partie de la catégorie des maris qu'on jette aux oubliettes, non tu n'as pas travaillé pour cela.

Si pour moi les jours de la semaine pouvaient s'arrêter à samedi ! Car dimanche m'est devenu le jour le plus triste. C'est comme si je te vois en train de faire les allées et venues dans notre chambre, monter et descendre l'escalier à plusieurs reprises, prendre soin de tes bêtes surtout de tes chiens, faire réviser à tes enfants ce qu'ils n'avaient pas compris au cours de la semaine. Ton bureau à la maison, tu sais, est resté tel que tu l'as laissé, avec tout le désordre que tu as fait. Tu ne voulais pas qu'on y touche à rien. Ta garde-robe est demeurée intacte.

Ils étaient trois à avoir procédé à ton enlèvement : Jean Jean, Aristide et ce fameux Edgand Stanley dit Archou. Le premier est mort dans une autre mission avec au poing l'arme avec laquelle cet Archou avait tiré sur toi. Aristide est en prison et le dernier a été appréhendé le 3 février 2006.

 

 

 

Maryse B. Gilbert

 

Maintenant , nous vous invitons à un débat radiophonique sur le cas du kidnapping en Haiti

 

Débat sur Radio Classique Inter sur les cas de kidnappings en Haïti

Voici en différé un premier segment   (audio file) du débat ayant eu lieu le 4 juin 2006 sur Radio Classique Inter à Orlando, Floride, sur les cas de kidnappings en Haïti.  Les participants au débat ont en quelque sorte mis en demeure le gouvernement haïtien de prendre ses responsabiltés face à ce problème qui affecte tant les gens en Haïti que ceux de l'extérieur.

Ce premier segment   n'est pas édité.  Nos excuses! La durée du téléchargement du dossier peut être plus ou moins longue  selon votre vitesse de téléchargement et de fournisseur d'accès._________________

Voici, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, en audio, la suite en 6 segments du débat ayant eu lieu le 4 juin 2006 à Orlando, Floride sur Radio Classique Inter au sujet des cas de kidnappings en Haïti.  Les participants ont mis en demeure le gouvernement haïtien de prendre ses responsabilités face à ce problème qui affecte les gens tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Les dossiers ne sont pas édités. Nous nous en excusons.  La durée de téléchargement des dossiers pour l'écoute dépendra de votre vitesse de téléchargement et de votre fournisseur d'accès à l'Internet.

Suite # 2 (Cliquez)

Suite # 3 (Cliquez) 

Suite # 4 (Cliquez) 

 Suite # 5 (Cliquez) 

 Suite # 6 (Cliquez)

 Suite # 7 (Cliquez) 

 

Saturday, August 19, 2006

An invite from Carl G, Music Producer

To check this out, Click Here!   

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Support this young producer by clicking above, and remember to vote 'Hot' if you like the beats... or the songs.  To hear the song that I'm listening to right now, copy and paste in your address bar the URL on the box above marked Hearing and click GO or simply click Here

Friday, August 11, 2006

Fenêtre ouverte sur nos artistes (Audio/Musique)

Par l'ingénieur Hervé Gilbert
 
A tous les enfants d'Haiti, pour la mémoire et pour l'histoire, afin qu'ils sachent d'où ils viennent.
 
Lumane Casimir, l'Impératrice de la Méringue haitienne, elle était  toute musique: chanteuse, guitariste et interprète. Voix suave et crystalline. Son gosier, un apprentis sonore d'où s'échappaient, on eut dit, des myriades d'onomatopées. On ne peut parler de diva ou de chef de file sans évoquer Lumane Casimir, le modèle inamovible, la pionnière, l'héroine et la cinglée. Après avoir allumé, silloné et fait danser toute la ville, la samba éternelle retournait aux confins du temps et de l'espace, loin du milieu impitoyable du show-business et de cette vie qui ne lui fit jamais cadeaux. Après avoir revigoré la nation et son folklore <<l'oiseau du paradis>> s'envolait chanter pour les anges, au regret éternel des amants de la musique.
 
Martha Jean-Claude, Sirène chanterelle et diva aux deux iles. C'est sa voix qui berçait et revitalisait même en exil, durant les années ombrageuses de la dictature duvalierienne, comme une éclaircie pour faire espérer et apaiser de son flair angélique le coeur des opprimés. Une voix exceptionnelle de la musique haitienne et certainement pas une femme-artiste de tous les Jours.
 
Ecoutez : sirènes et  diva chanterelles En cliquant Ici
 
                                                                                                            Hervé Gilbert
 
NB: Soyez patients; la durée de téléchargement peut varier selon votre accès à l'Internet. C'est un programme sonore que vous (Ayisyen Natif Natal) prendrez plaisir à écouter. Je vous le jure!!!!
Yap991
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Sunday, August 6, 2006

Dr. Jean-Albert Midy, une cristallisation de dextérité, d'intelligence et d'ardeur

Par Carl Gilbert, M.D.

Déjà, dès son entrée à la Faculté de Médecine de Port-au-Prince, Jean-Albert avait fait montre de sa brillance, persévérance et de son amour pour la science médicale.

Il fut tout de suite reconnu comme un gars exceptionnel par le chef du département de chirurgie de l'Hôpital de l'Université d'Etat (en Haïti), Dr. Anthony Lévêque, qui lui offrit alors sans hésiter un poste de résident en chirurgie après une brillante année d'internat.  Pour ceux qui avaient connu Dr Lévêque, homme d'un professionnalisme notoire et d'une connaissance profonde de la chirurgie, ce choix personnel  ne devait être qu'une preuve convaincante des qualités exceptionnelles du jeune médecin sorti lauréat de sa classe en chirurgie.

Dr. Midy fut le premier à affronter avec son ami le Dr Jean-Robert Léonidas et un autre jeune médecin, dès l'internat,  le fameux examen de ECFMG, appelé communément `matching' sur la cour de l'Hôpital universitaire.  Alors que traditionnellement seuls les résidents de troisième année (après l'internat) tentaient de subir cette épreuve qui en quelque sorte représentait une étape académique importante pour tout jeune médecin haïtien cherchant à poursuivre des entrainements médicaux plus poussés sur les rives étrangères.

Pionnier et modèle, Jean-Albert l'a été et le reste jusqu'à présent.  J'ai eu l'occasion et la chance de le connaître en tant que tel dès le commencement. Depuis le temps où il allait et venait sur la cour de l'hôpital ou dans les couloirs de l'école de médecine, toujours avec un bouquin sous le bras, posant à tout moment des questions aux plus jeunes, façon de les stimuler davantage dans leurs études médicales.

Ayant voulu tout dernièrement perfectionner une technique opératoire de chirurgie vasculaire pour ma pratique, j'ai tout bonnement pensé à mon ami et collègue Jean-Albert Midy.   Je l'ai appelé et il a accepté de bon cœur. 

A l'hôpital de Baltimore (dans l'état du Maryland, EUA) où il maintient une pratique chirurgicale depuis 1982, j'ai pu constater au cours des quatre jours que j'ai passés en sa compagnie  que Dr Midy  est resté celui que j'ai connu depuis des années : une cristallisation de dextérité, d'intelligence, d'ardeur au travail, de dévouement envers ses patients,  et,  j'ajouterais, de succès d'un médecin haïtien au cœur de l'Amérique.  Succès que Jean-Albert a continué à accumuler aux Etats-Unis  tout au long de ses années d'entraînement poussé en chirurgie générale et chirurgie cardiothoracique et vasculaire jusqu'à nos jours.

Un gradué de la promotion médicale de 1971, le docteur Midy n'a pas démérité, j'en suis sûr, de l'estime et de l'affection de sa classe, de ses professeurs et amis, et surtout de celles de sa famille et de ses patients._____

Je continue avec l'article d'en haut ma  série mettant en relief  "les succès d'Haïti" en terre étrangère.____

 

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